Bintou DEMBÉLÉ et Merel VAN HEESWIJK
Danseuses - chorégraphes

Bintou et Merel ont obtenu une bourse afin de participer à l'évènement Green Factory organisé par le centre national de la danse

 Interview de Bintou Dembélé

Quel est votre parcours artistique ?
Je danse depuis 1985, en étant passée de la pelouse au carton, du bitume au tapis de danse, j’ai forgé mon identité hip-hop au sein de groupe comme Aktuel force, Ykanji et en dansant pour MC Solaar. J’ai aussi collaboré avec des artistes comme la chorégraphe Sophiatou Kossoko, le plasticien Denis Darzacq, et la réalisatrice Yolande Zauberman. J’ai monté ma structure en 2002 qui m’a permis de créer 6 pièces, de travailler en Guyane et de développer mon processus de recherche de la genèse des street dance, des danses marronnes et des danses d’inspiration rituelle. Cela m’a permis de passer à la chorégraphie et à la direction artistique, d’appréhender différents espaces (Opéra, musée) et médiums (films, photos).

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Un regard responsable plus que jamais. Je prends conscience que ce qui a été possible pour moi ne l’est pas pour tous, je prends conscience de la nécessité de faire ensemble envers et malgré tout. 

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
L’avenir est flou, je pense qu’il est plus raisonnable de vivre pleinement l’instant présent.  

Interview de Merel Van Heeswijk

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai rejoint le Ballet de l’Opéra de Lyon en 2019-2020. Avant, j’étais avec une compagnie à Barcelone, ITDansa, et une compagnie aux Pays-Bas, Introdans. J’ai commencé mes études de danse quand j’avais dix ans au Conservatoire Royale de la Haye aux Pays-Bas. Ce Conservatoire m’a donné une formation mixte, comprenant de la danse classique et de la danse contemporaine, comme le répertoire du NDT.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Bien sûr c’est une période difficile pour le secteur du spectacle. Néanmoins je crois que les artistes d’aujourd’hui sont très capables et enthousiastes pour traduire et exprimer ‘le monde qui change’ et tous les sentiments qui accompagnent ce changement. Peut-être que les gens sont encore plus sensibles et réceptifs à l’art que d’habitude à cause de ces temps d’incertitude. Même si les conditions pour le secteur du spectacle ne sont pas optimales aujourd’hui, j’espère que notre profession continuera à bénéficier d’opportunités et de soutiens pour qu’elle puisse évoluer sans limites, sans restrictions, en liberté. 

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Moi, je n’aime pas prédire le futur, ce n’est pas une question facile. Mais en regardant le passé, je vois que ma vision de l’art a beaucoup changé, ma façon de penser également ainsi que les choses qui ont de la valeur à mes yeux. En effet, je suis jeune, mais j’aime ça. Je sais que d’autres défis m’attendent, des défis qui me feront découvrir de nouvelles limites et qui redéfinissent de nouveau mes aptitudes. Alors en regardant tout ça, je crois que le futur même dans cinq ou dix ans sera toujours aussi émouvant.


Interviews réalisées en 2020
Photographie : Kamila K.Stanley