Derwan EVDIREHÎM
Écrivain, poète

Derwan a obtenu une bourse à la création en partenariat avec l’atelier des artistes en exil.

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai toujours eu un attrait particulier pour la littérature et l’écriture. J’ai écrit mes premiers textes quand j’étais à l’université de Çukurova. À cette époque, je travaillais beaucoup sur des textes théâtraux et je faisais du théâtre dans une troupe amateur pour laquelle j’écrivais des pièces de théâtre. J’ai touché à plusieurs domaines différents tels que la scène, le décor, les coulisses, la réalisation et la rédaction de scénario. J’ai été expulsé de mon université à cause de mes opinions politiques et j’ai été emprisonné pour les mêmes raisons en 2005. Mon premier roman, Jinek Berxwedêr a été publié pendant que j’étais incarcéré, en 2012. En 2014, mon deuxième roman Reşeba et mon premier recueil de poésie Serêkaniyê ont été publiés. Mon troisième roman Kenên Hinekirî est publié en 2016. Je sors de prison en 2017, à ce moment-là, j’ai décidé de faire une pause dans mes écrits, la pression politique est trop forte. Je suis arrivé en France le 15 mars 2020 et j’ai obtenu le statut d’asile politique. En 2021, mon deuxième recueil de poésie intitulé Pirseke Serjêkirî est publié.

Quel regard portez-vous sur votre profession aujourd’hui ?
Aujourd’hui, j’arrive à me détacher peu à peu des problèmes liés à l’exil que j’ai pu rencontrer : des difficultés et impossibilités auxquelles je suis confronté tant dans mon métier comme dans ma vie personnelle. Je retrouve le plaisir et la motivation d’écrire.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Je ne pense pas être dans la capacité de pouvoir prédire ce qu’il va arriver dans les dix prochaines années mais j’espère, tout d’abord, pouvoir améliorer mon français, avoir les traductions françaises de mes écrits et, bien évidemment, que tous mes projets littéraires se concrétisent.

Interview réalisée en 2022
Photographie : Julie Glassberg