Gandhi ADAM
Musicien

Porosus finance une résidence à l'atelier des artistes en exil pour Ghandi 

Quel est votre parcours artistique ?
Je suis musicien j’ai commencé la musique dans les années 80, j’ai fait beaucoup de projets, j’ai joué avec beaucoup de musiciens et de chanteurs comme Tryo, DJ Dynastie, Taïro, Bobby Mc Ferrin’… Mon dernier projet en date était le festival Africolor. Ce sont de belles expériences qui m’ont permis de réunir des musiciens professionnels de France et d’ailleurs. Pour moi, c’était un challenge mais on a réussi. Ça montre que c’est possible. Je continue à réaliser mes projets : le Lama Orchestra et Music For All International et à Paris je suis inscrit à l’école de Jazz Musique moderne (CIM).

 

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Je suis auteur, compositeur et flutiste. C’est ce qui me plaît, ce qui me permet de vivre, d’être utile. C’est une façon de vivre, d’échanger, c’est une fenêtre pour voir l’autre et me voir à travers les autres. Je vis de ma musique, je suis dans la musique depuis l’âge de 5 ans, et tout ce que je fais est lié directement ou indirectement à la musique. Ma vision du monde est totalement influencée par mon métier, ça me permet d’être entouré, la musique m’a apporté la vie que j’ai aujourd’hui. On fait des projets mais les projets nous font aussi. Je vois que c’est aussi un métier en voie de disparition, c’est la première fois que je reçois une bourse. 


Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Je m’imagine en train d’avancer les étapes de mes projets, sans les difficultés des débuts. Je me vois en train de me préparer pour le festival des Mémoires du Nil. C’est un festival qui rassemble les cultures du Nil et de la Seine, il vise à retisser des liens interculturel et à mettre en avant, via l’art, la beauté des cultures. Je voudrais militer pour que les artistes puissent rester dans leur pays natal, les artistes devraient avoir le choix. Il faut que la politique cesse d’intervenir autant dans notre vie. Trop d’artistes sont obligés de faire face à l’exil, ce qui appauvrit culturellement nos pays d’origine. L’aspect difficile est l’aspect financier, c’est ce qui me fait douter par rapport au futur. C’est une source de soucis pour moi car je préfère travailler sur mon projet plutôt que de chercher des financements.

Photographie : Antonin Amy-Menichetti