Gandhi SAAD
Violoniste

Gandhi a reçu une bourse pour acheter son violon.

Quel est votre parcours artistique ?
J'ai commencé à étudier la musique en Palestine à l'âge de 6 ans, au piano, mais j'ai changé d'instrument à l'âge de 7 ans pour le violon, jusqu'à l'âge de 18 ans. En 2018, j'ai déménagé à Genève, en Suisse, pour faire un bachelor en violon à la Haute École de Musique, avec le Professeur Tedi Papavrami pour le violon, et le Professeur Gabor Takacs-Nagy pour la musique de chambre. En 2021, je suis parti de Suisse pour Reggio Emilia, en Italie, pour continuer mes études de violon et musique de chambre, en master, auprès d'Alessandro Ferrari, Emmanuele Benfenatti et Mikaela Costea. En 2022, j'ai été admis avec mon quatuor familial, le Quatuor Galilée, à l'Académie pour cordes Stauffer, chez le Quatuor de Crémone, pour un diplôme d'artiste en musique de chambre. En 2023, j'ai déménagé à Paris avec mon quatuor, et en 2024 j'ai passé le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris,  dans la classe du Professeur Olivier Charlier pour mon deuxième master. En 2025, nous avons passé, avec mon quatuor, le concours d'entrée au CNSMDP et avons été admis dans la classe du Professeur François Salque et du Professeur Jean Sulem en master de quatuor à cordes.
Grâce à la musique, j'ai pu traverser beaucoup de pays en Europe et en Asie, faire des concerts dans des salles prestigieuses comme la Philharmonie de Paris, l'Auditorium de Radio France, le Konzerthaus de Vienne, le Musikverein de Vienne, le Concertgebouw d'Amsterdam, le Royal Albert Hall (Londres), le Victoria Hall (Genève) et bien d'autres.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
On se trouve aujourd'hui dans un état d'espoir et de désespoir en même temps. Je vois qu'il y a de grands talents, un grand intérêt pour la musique qui se forme de plus en plus, et c'est une chose qui nous donne envie de partager nos pensées et nos sentiments à travers la musique. Je trouve qu'on vit dans un monde qui a besoin de plus d'empathie, de sentir l'autre, et d'écouter attentivement, avec tout l'intérêt de se comprendre, et là, je trouve que la beauté de la musique pourra apparaître plus clairement et purement. Le désespoir vient quand on voit que les gouvernements deviennent récemment un peu répressifs envers les artistes, en enlevant les subventions pour les festivals, avec moins de budgets pour les arts et la culture en général. Cela nous met dans un état difficile, où nous n'arrivons pas souvent à trouver des concerts qui paient des cachets dignes, et il y a des festivals qui cessent d'exister. Néanmoins, il faut garder l'espoir, se battre contre la répression des artistes, il faudra se mobiliser et s'entraider.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
C'est peut-être optimiste, mais je trouve que c'est aussi réaliste : je me trouverai dans les grandes salles avec mon quatuor familial : le Quatuor Galilée, nous ferons des tournées musicales, grâce aux concours internationaux que nous aurons gagnés, quelques concerts en tant que soliste, et un poste d'enseignement de violon quelque part, transmettant l'expérience que j'aurai récoltée durant les années à venir. Aussi, obtenant la nationalité française et commençant à acheter un appartement à côté de Paris, parce que soyons réalistes aussi, acheter un appartement à Paris n'est pas fait pour un humble musicien comme moi, peut-être un jour... qui sait ?

Interview réalisée en 2025
Photographies réalisées en 2025 par Isabelle Chapuis