Jean SAUTEREAU
Altiste

Jean a reçu une bourse pour acheter l’archet de son alto.

 Quel est votre parcours artistique ?
J'ai commencé à jouer de l’alto à l’âge de 8 ans. C'est une véritable passion qui est née et ne m'a plus jamais quitté. Tout s'est enchaîné rapidement et, quelques années plus tard, je gagnais un premier prix au concours national de Lempdes. S'en sont suivis de nombreux prix, qui m'ont fait gagner en confiance. Cette reconnaissance naissante et les réussites au Conservatoire Régional de Boulogne Billancourt puis au Conservatoire National Supérieur de Paris ont été des éléments clefs quant à la certitude de pouvoir vivre de ma passion. J'ai la chance d'évoluer avec des musiciens formidables, de rencontrer des personnalités marquantes lors des concerts de musique de chambre, comme cela a pu être le cas durant des festival tels que les Sommets Musicaux de Gstaat (Renaud Capucon), ou le festival d'Aix-en-provence, Les Folles Journées etc... Mon métier m'amène à vivre des expériences toujours plus variées, j'ai pu notamment jouer sous la direction d’Emmanuel Krivine en Europe aux côtés de membres du Berliner Philarmoniker, du Wiener Philharmoniker et des solistes du Metropolitan Opera, ou partager la scène avec le trio Wanderer, puis la semaine suivante jouer la partie soliste dans la Concertante de Mozart avec l'Orchestre de l'Alliance. Mon métier me passionne et ne cesse de me surprendre en raison de la flexibilité et la polyvalence que cela implique. Ma vocation de musicien ne se limite pas au simple plaisir d'instrumentiste mais englobe toutes les facettes du métier d'artiste.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
En tant qu’altiste, j’ai l’impression que le métier de musicien est plus accessible aujourd’hui qu'il y a cinquante ans. La musique classique s'engage constamment à être accessible pour tous et cela engendre un nouveau défi, du fait d'un plus grand nombre de professionnels dans le monde du travail. Les musiciens du 21eme siècle sont de plus en plus polyvalents, entre le métier d’orchestre, de chambriste et de soliste, ils aiment varier les styles de répertoires et les formations. Cela a l’avantage d’apporter beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme !  Depuis plusieurs années, de nombreuses initiatives de médiations ont vu le jour et cela nous permet de toucher un plus grand public. La musique est une histoire de mémoire, nous essayons de toucher toujours plus les jeunes afin qu’ils puissent avoir, dans leur ADN, la plus large palette de musiques. Cela leur permet de s’enraciner pour aller plus loin ! En somme, être musicien c’est beaucoup de travail, de volonté et de passion !

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Dans 5-10 ans, je rêve d' être toujours plus passionné par mon métier. Enrichi de nombreuses expériences musicales et de rencontres humaines. Certainement basé dans une capitale européenne ou à proximité, de manière à allier mon amour du calme et de la nature avec l'attrait culturel des grandes villes. Je me vois être mobile et disponible pour plus de flexibilité afin d'assurer mes concerts en soliste comme en musique de chambre. Je souhaiterais continuer à transmettre à travers des Masterclass pour des jeunes musiciens qui souhaitent en faire leur métier ou encore m'investir lors de concerts pour des associations engagées. 
Je me vois toujours entreprenant et flexible avec le plaisir de l’inventivité, sans cesse renouvelée, que m'offre ma vie professionnelle.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret