Kadima NGULUNGU
Réalisateur

Kadima a obtenu une bourse à la création en partenariat avec l’atelier des artistes en exil.

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai commencé ma carrière artistique en 2008. A l’époque j’étais acteur dans des séries amateurs à Kinshasa en République démocratique du Congo. Petit à petit j’ai découvert l’univers de l’audiovisuel puis du cinéma. Ma passion pour filmer est venue lorsque j’ai fait mes premières images avec un caméscope Sony hi8.  J’ai filmé un match amical de football entre les jeunes de mon quartier. Après mon diplôme d’état (Baccalauréat), j’ai décidé, contre l’avis de mon père, de faire des études d’arts à l’I.N.A (Institut National des Arts) à Kinshasa où j’ai fait deux ans d’études. J’ai alors tenté ma chance et réussi à obtenir une bourse et j’ai intégré les ateliers Action Kinshasa. C’est alors que j’ai appris à réaliser et à monter un film. Après cette formation, fin 2013, je me suis spécialisé dans la réalisation. En 2015, j’ai réalisé mon premier court-métrage de fiction Mosinzo, un film que j’ai co-écrit avec un ami. Ce film a fait plusieurs festivals et a gagné le prix du meilleur court-métrage au Benin. Grâce à ce film, j’ai réussi à avoir trois contrats de réalisation publicitaire la même année. En 2017 j’ai réalisé mon deuxième court-métrage A Balola, cette fois-ci documentaire. Puis +243 FIMBU, un film expérimental tourné avec un téléphone portable. En 2018, j’ai réussi à avoir une bourse d’étude pour participer à la formation de l’université d’été de la Fémis où j’ai réalisé un troisième court-métrage documentaire, Le Peuple gagne toujours. Actuellement, je travaille sur mon premier film professionnel, un long-métrage de cinéma.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Aujourd’hui, avec l’arrivée du numérique, tout le monde a la possibilité de réaliser un film avec les moyens du bord, même pour quelqu’un qui débute dans le domaine. Si on se rend sur des sites web communautaires destinés au partage et au visionnage de vidéos, le nombre de films qui y sont postés par mois est énorme. Cet environnement est très avantageux pour les jeunes réalisateurs qui n’ont pas de producteurs ou qui n’ont pas pu obtenir de financements pour leurs projets de films. Quant à la circulation de ces films, je vois qu’aujourd’hui, il y a de plus en plus de festivals associatifs qui font des actions en direction du public, dans des quartiers, par exemple, pour pouvoir montrer des films et promouvoir le cinéma.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Il y a cinq, je m’étais donné certains objectifs à atteindre, d’ici à dix ans. Je pense que mon bilan est positif. Mais mon rêve reste de créer une école de cinéma à Kinshasa, de partager mon expérience avec les futurs réalisateurs congolais mais aussi avec ceux venus d’autres endroits. De permettre ainsi aux projets, qui se distingueraient par leur qualité artistique et novatrice, de voir le jour. L’une de mes récompenses, d’ici à dix ans, serait de monter sur le podium du FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), du Festival de Cannes, de la Berlinale, du Festival International du film de Rotterdam…

 

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret