Laura KREIS
Comédienne

Laura a reçu une bourse afin de l'aider à suivre ses études au Théâtre National de Bretagne

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai pratiqué en premier lieu le break dance dans une association de quartier à Vigneux-sur-Seine. Puis, à l’adolescence, j’ai appris et développé d’autres langages corporels de façon autodidacte. J’ai, en parallèle, commencé à écrire des textes : écrire me permettait de porter la voix et de m’exprimer. De là, est venu le slam et j’ai participé à mes 18 ans à des openmic à Paris et en région. En 2019, la rencontre avec une professeure de théâtre, m’a donné envie de me frayer un chemin dans cette pratique. J’ai alors passé mon baccalauréat en candidate libre dans l’optique de reprendre des études. En 2021, je joue dans Seventeen de François Stemmer et participe à plusieurs enregistrements de podcast RadioFrance. La même année, je passe le concours du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris où je suis reçue et j’intègre la classe préparatoire aux écoles supérieures d’art dramatique dirigée par Marc Ernotte et Anne-Frédérique Bourget. En parallèle de ce cursus de trois ans, je continue l’écriture et la danse (contemporaine, krump). En, 2024, je suis entrée à l’école du Théâtre National de Bretagne pour une durée de trois ans. Dans le cadre de cette formation d’actrice, je vais effectuer un stage de danse classique, danse cotemporaine et chorégraphie, de janvier à avril 2027, au Conservatorio Superior de Danza de Malaga.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ? 
Un regard naïf, d’espoir, de colère, d’incompréhension, de questionnement, d’utopie et de joie. Le langage représente, pour moi, à la fois une source d’angoisse, de questionnement, de bégaiement, et une envie de créer des liens, d’aller au delà de la peur, d’être proche des doutes. Le langage me touche à l’endroit où celui-ci croise le silence et le secret. Au sein du langage verbal, se cache un langage universel, celui du mouvement. Le mouvement de celui qui s’avance, de celui qui ouvre et ferme la bouche, de celle qui parle avec ses mains, de celui qui ne parle pas avec ses mains, de celle qui prend le risque de se laisser regarder, de celui qui s’avance fébrile, de celle qui rigole, de celui qui lève les yeux vers le ciel, de celles et ceux qui restent immobiles et solitaires. Ce moment, où nous parlons la même langue et où nous habitons le silence, c’est cela que je garde et que je veux porter sur scène. Cette utopie d’un commun qui nous lie me pousse encore et toujours à la rencontre et au déplacement de soi.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ? 
Libre

Interview et photographies réalisées en 2026
Photographies : Yama Ndiaye