Mattéo CAMBON
Contrebassiste
Mattéo a reçu une bourse pour acheter sa contrebasse
Quel est votre parcours artistique ?
C’est la façon dont, à sept ans, je choisis de faire de la contrebasse, qui est amusante : c’est en allant voir un spectacle de cirque, avec ma tante, que je découvris cet instrument, qui me subjugua par son volume impressionnant et par le son. Sauf que dans ce cadre, l’instrument n’était joué qu’en pizzicato, et nullement à l’archet ! Je dois donc avouer avoir été quelque peu déçu en découvrant l’existence de cet objet étonnant -qu’est l’archet - et que je n’ai cependant plus quitté depuis le début de mes cours de contrebasse à l’école de musique de Sannois ! Par la suite, bien soutenu par mes parents au quotidien, je progressai au fur et à mesure, jouant de façon régulière en audition et devant la famille dès que l’occasion se présentait. J’eus la chance, dès la classe de CM2, de participer, à cinq reprises, à un projet qui était lancé pour la première fois à Paris par l’Orchestre National de France : Viva l’orchestra qui laissait la possibilité à des musiciens amateurs, aussi bien enfants qu’adultes, de jouer dans le cadre exceptionnel de la Maison de la Radio, au cœur dudit Orchestre National de France. Je rentrai par la suite en classe de troisième musique au CRR de Paris, en horaires aménagées, ce qui me permit de progresser au mieux sous les conseils aiguisés de Yann Dubost, puis j'entrai trois ans plus tard au CNSM de Paris où j’étudie depuis cinq ans maintenant dans la classe de Nicolas Crosse.
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Un regard, dirais-je, plein d’admiration. Je prends conscience chaque jour de la chance que c’est de pouvoir vivre de sa passion, en élevant et en édifiant les personnes qui nous entourent par la beauté de la musique que l’on joue, en solo ou en ensemble. Cela me permet par ailleurs de grandement remercier mes parents, de m’avoir poussé dans cette voie exigeante de la musique, ainsi que mes trois différents professeurs successifs qui m’y ont au mieux soutenu.
Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
J’espère parvenir à entrer, dans les années à venir, dans un orchestre professionnel, ce dont je rêve depuis de nombreuses années. Cela aurait de plus le mérite de m’apporter une stabilité que n’offre pas toujours la vie de musicien ! Par ailleurs, j’apprécie grandement transmettre à mon tour la musique, en offrant à d’autres enfants - voire même à des adultes ! - cette chance que j’eus moi-même petit de découvrir la contrebasse : je me vois donc également professeur en école de musique ou en conservatoire… Je m’imagine aussi volontiers monter des projets de concerts en musique de chambre avec des collègues d’orchestre par exemple !
Mais rien ne sert de trop rêver, nous verrons bien ce que le futur me réserve !
Interview et photographies réalisées en 2026
Photographies : Yama Ndiaye
