Mélia SIMONOT SIMIAN
Accordéoniste

Mélia a reçu une bourse pour acheter son accordéon.

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai grandi à la campagne et c’est là où la musique est devenue ma passion. J’ai commencé l’accordéon, à 8 ans, à l’école de musique rurale de Dieulefit dans la Drôme. Au vu de ma progression rapide, j’intègre deux ans plus tard le Conservatoire Intercommunal du Triscastin, à Pierrelatte, auprès d’Agnès Binet. En 10 ans d’études dans cet établissement, j’ai eu la chance de participer à de nombreux projets musicaux, en solo comme en ensembles et de découvrir des œuvres allant du baroque au contemporain. Curieuse en Art, j’aime collaborer avec des artistes d’autres univers, j’ai pu accompagner une lecture de l’autrice Cécile Coulon et plusieurs représentations théâtrales. Mon cursus musical en Drôme s’est terminé par l’obtention de deux CEM mention très bien en formation musicale et en instrument, en 2017 et 2019. L’année du Bac, en plus de mes cours au Conservatoire, j’ai suivi des cours particuliers auprès de Thibaut Trosset, formé au CNSMDP puis j’ai été admise, sur concours, au Royal Conservatoire of Scotland, à Glasgow, en Bachelor Music Performance classique, dans la classe de l’accordéoniste Serbe Djordje Gajic. Cette 1ère année d’études supérieures musicales a été un grand pas pour moi dans ma formation et je l’ai vécue avec enthousiasme malgré les difficultés liées au Covid. Maintenant je peux dédier tout mon temps à la musique, sans avoir à faire des heures de voiture pour me rendre au Conservatoire, c’est formidable. L’année a été riche d’expériences notamment en participant à un sextet d’accordéons et en rencontrant des musiciens et artistes de différentes nationalités, ce qui me conforte dans mon choix de carrière. Je ne peux qu’avoir hâte de la suite.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
A juste 19 ans, mon regard sur le métier de musicien est en construction. La rigueur, la précision, l’écoute sont des qualités inhérentes à cette profession. Le partage de la musique avec d’autres musiciens et artistes est également primordial. Mon regard est aussi intimement lié à mon instrument, l’accordéon, plus précisément le bayan, qui n’est enseigné dans les conservatoires que depuis plusieurs dizaines d’années. Même s’il n’a pas bénéficié de plusieurs siècles de répertoire, il a réussi à se créer une place dans la musique classique avec de nombreuses pièces originales diversifiées ainsi que des transcriptions. J’espère voir l’accordéon être mis de plus en plus en avant et voir élargir son répertoire avec de nouveaux compositeurs talentueux. Par ce métier, j'aurai la chance de faire partie de l'évolution de cet instrument, pouvoir à mon échelle le mettre en lumière et faire découvrir ses sonorités.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Venant juste de finir ma première année de Bachelor, j’espère dans 5 ans terminer un Master d’interprète. La maîtrise de la langue anglaise me permettra d’envisager de découvrir d’autres enseignements dans différents pays. Dans 10 ans, j’aimerais, pour mes premières années en tant que musicienne professionnelle, partager mon temps entre une activité de soliste et celle de membre d’ensembles, en continuant à participer à des projets artistiques diversifiés. J’espère ne pas perdre la curiosité artistique qui m’anime depuis mes débuts, qui me pousse à découvrir de nouveaux horizons et ne jamais arrêter de progresser avec mon instrument.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret