Santiago LONDOÑO MONTOYA
Poète

Santiago a obtenu une bourse à la création en partenariat avec l’atelier des artistes en exil.

Quel est votre parcours artistique ?
Mon premier réflexe créatif a été d'écrire. Adolescent, j’aimais déjà la musique et le théâtre et, quelque temps plus tard, j’ai pratiqué les deux disciplines : en tant qu’étudiant au Conservatoire de l'université d’Antioquia, j’ai composé de la musique, tout en faisant du théâtre avec différentes compagnies à Medellín. Pendant tout ce temps, j'écrivais et en 2008, j'ai été lauréat de la bourse Medellín pour la création et la culture dans la catégorie « poésie jeune », grâce à laquelle j'ai pu publier le livre La vuelta al día en 25 mundos (Le tour du jour en 25 mondes). Après être parti en Argentine et en Europe, la Maison de la poésie d'Amay en Belgique m'a accordé sa résidence d'auteur, en 2018, pour écrire un nouveau recueil de poèmes intitulé El escarlata de las amapolas (L’écarlate du pavot), un recueil de portraits poétiques sur les victimes de la violence en Colombie. La même année, j'ai été invité au Festival Maelström à Bruxelles. Depuis 2020, je suis membre de l'atelier des artistes en exil, association avec laquelle nous créons aussi un journal intitulé Without.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Si par profession, on entend une manière de gagner sa vie par le biais d'un métier, cela n'a pas été le cas pour moi. J'ai toujours eu d’autres emplois alimentaires qui n'ont rien à voir avec l'écriture. J'ai lu et écrit quand je le pouvais, quand on me le permettait. D'ailleurs, je n'ai pas envie de considérer la poésie comme une profession ; je crois, au contraire, qu'elle est l'anti-profession par excellence, l'une des plus nobles façons de perdre son temps et son argent.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Je n'ai jamais aimé répondre à ce genre de questions parce ce que je ne les comprends pas. J'ai déjà trop de problèmes à maintenir mes deux boulots dont l’un est la poésie. Je peux néanmoins essayer de donner une réponse : dans 5 ou 10 ans, je me vois comme un vieil homme, lisant et écrivant, si je le peux et si on me le permet.

Interview réalisée en 2022
Photographie : Julie Glassberg