Thibault LAC
Danseur

Thibault a obtenu une bourse afin de participer à l'évènement Green Factory organisé par le centre national de la danse

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai commencé la danse à l’âge de 10 ans, sans jamais vraiment me dire que j’en ferai ma profession. J’ai même entamé plus tard des études d’architecture, en parallèle aux cours de danse que je prenais au Conservatoire de Bordeaux. Sans y croire vraiment, c’est grâce à l'initiative d'un ami proche que j’ai été accepté à PARTS, à Bruxelles. J’y ai énormément appris, autant sur la pratique de la danse que sur le plan humain. Après cette formation, j’ai commencé à travailler en tant qu’interprète auprès de jeunes chorégraphes tels que Noé Soulier, Eleanor Bauer, Daniel Linehan, avant de rencontrer le chorégraphe américain Trajal Harrell. Cette rencontre a donné lieu à une collaboration artistique de long terme, la plus riche de mon parcours. Elle continue de me nourrir encore aujourd’hui. Toujours intéressé par l’échange avec d’autres artistes, j’ai pu travailler entre autres auprès de Ligia Lewis, Mathilde Monnier ou encore Daniel Jeanneteau. Afin de pousser ces échanges plus loin, je me consacre désormais aussi à une pratique chorégraphique plus personnelle, par le biais de projets collaboratifs qui me permettent de provoquer de nouvelles rencontres.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre profession ?
Le contexte actuel est intéressant car malgré toutes les alternatives formidables de partage et de diffusion, en ligne et sur les réseaux sociaux, on comprend bien que vivre l’expérience du spectacle et de la performance "live", en chair et en os, est irremplaçable. Malgré la certaine précarité des modes de vie qui y sont souvent associés, je trouve que les métiers du spectacle ont retrouvé de par cette situation globale un véritable rappel de leur caractère fragile mais aussi incroyablement précieux.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
En toute honnêteté, c’est une période un peu difficile pour se projeter dans l’avenir. Mais j’espère pouvoir continuer la pratique de la danse et pouvoir continuer d’être surpris par les expériences et les opportunités qui peuvent se présenter. Ma conception de la danse et du travail artistique est très sociale, faite de rencontres et d’échanges, et j’espère pouvoir continuer à mettre en place des opportunités de partage et de dialogue. A la fois avec d’autres artistes chorégraphiques, mais également avec des artistes d’autres champs, des arts visuels ou du cinéma. Enfin, l’échange crucial est celui qui a lieu avec le public et les spectateurs. Il faudra retrouver cela au plus vite !

Interviews réalisées en 2020
Photographie : Kamila K.Stanley