Thomas BOUVET
Metteur en scène

Thomas a reçu une aide à l'écriture pour son spectacle "L'Humanité" et pour son spectacle "La Beauté Intérieure"

Quel est votre parcours  artistique ?

Après avoir obtenu une maitrise de physique théorique, j’ai tout arrêté pour me lancer dans le théâtre à 22 ans. Je me suis inscrit au Cours Florent où j’ai eu différents intervenants (Christian Croset, Jean-Pierre Garnier…). Suite à un travail autour de Phèdre de Racine que je dirigeais et regroupant des comédiens issus de la Classe libre du Cours Florent, j’ai créé la Compagnie Def Maira en 2005. Je trouve dans le théâtre une nouvelle façon de questionner le monde, de créer des espaces et des temps propres. Chaque création est l’occasion d’un nouveau laboratoire de recherche sur la beauté, la langue et les univers esthétiques dont les thématiques peuvent être l’amour, le désir, la mort, le pouvoir…
Interroger et réinterroger les formes de langage et inclure toujours dans ce mouvement le public que je souhaite actif, dialoguant avec les différentes propositions.
Aujourd’hui j’ai mis en scène 8 spectacles : La ravissante Ronde de Werner Schwab (Mention spéciale du jury au Prix Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène 2006), Loretta Strong de Copi (Carte blanche au CNSAD en 2007), Phèdre de Racine (Comédie de Reims-CDN en 2008), La Cruche cassée de Kleist (Odéon-Théâtre de l'Europe au Festival Impatience 2010 et Lauréat du Prix Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène 2009), John & Mary de Rambert (Théâtre de Vanves en 2012), Endormis sous le ciel de Mario Batista (La Loge-Paris en 2013), L'HUMANITÉ d'après la poésie d'August Stramm (2014). En décembre 2013, j’ai dirigé un laboratoire au Théâtre d'Art de Moscou autour de la comédie d'Eugène Labiche, Un Chapeau de paille d'Italie. Le spectacle créé à la fin de ce travail est depuis joué régulièrement au Théâtre d’Art.
Parallèlement, je suis assistant à la mise en scène de Pascal Rambert depuis 2011 sur Clôture de l'amour (Festival d’Avignon 2011), Memento Mori (Hivernales d'Avignon 2013), Répétition (Festival d’Automne à Paris 2014, T2G).
Il m’apparait important de m’inscrire également dans un travail de transmission. Dans ce but, j’ai pu intervenir à l'école de la Comédie de Reims, au LFTP (Laboratoire de Formation au Travail Physique) et bientôt à l’École du jeu à Paris.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Le paysage théâtral est vaste, foisonnant, extrêmement divers et donc passionnant à voir. J’aime énormément ma position de spectateur et aller voir beaucoup de spectacles très différents (y compris parfois des spectacles dont je ne sais rien à l’avance). Ce paysage tend également à s’élargir de plus en plus en mélangeant les arts. Beaucoup de créations se font chaque année. En revanche, le nombre de représentations et donc la visibilité diminue. Emerger, être identifié peut donc prendre un certain temps, d’autant plus si le travail ne répond pas à certains codes esthétiques du moment. Alors, je crois que les choses qui comptent sont la patience, la confiance et le plaisir du travail dans sa démarche, tout cela mis parfois à rude épreuve.


Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
J’ai créé la Compagnie Def Maira en 2005, il y a donc 9 ans. Le développement de la compagnie, son identification ont toujours progressé au fil des années. Au fur et à mesure des spectacles, j’affirme et je précise mon travail. Alors, je souhaite que cela continue et que les différents projets de la compagnie soient réalisés et cela dans de bonnes conditions, que les expériences de projets à l’étranger que j’ai pu faire se reproduisent et se développent encore. Parallèlement à mes projets de mise en scène, je souhaite pouvoir jouer davantage en tant que comédien avec certains metteurs en scène. Enfin, je continuerai à travailler ma curiosité sur la création et j’espère contribuer à ma manière à interroger le paysage théâtral.  

Photographie : Anthony Anciaux