Vesna MBELANI
Chorégraphe, danseuse

Vesna a obtenu une bourse à la création en partenariat avec l’Atelier des Artistes en Exil.

Quel est votre parcours artistique ?
Née en 1992 au Congo-Brazzaville, j'ai découvert la danse dès l'enfance avant d'intégrer, en 2005, la compagnie Ntuena za Sony du chorégraphe Jean Banzouzi, où je me suis formée aux danses traditionnelles et ethniques de mon pays. La danse contemporaine est rapidement devenue mon domaine de prédilection, grâce aux enseignements de chorégraphes internationaux comme Delavalet Bidiefono, Salia Sanou et Herman Diephuis. En 2019, sélectionnée par Herman Diephuis et l'Institut Français du Congo, j'ai rejoint la compagnie CAP Congo pour une tournée en Angola, au Rwanda, au Kenya et en Ouganda. En 2020, j'ai fondé ma propre compagnie, Telam'art, et créé mon premier solo : Moins que rien. Arrivée en France, en 2021, à l'occasion de la saison Africa2020, j'ai participé au festival Génération A au Théâtre de Paris-La Villette. Membre de l'Atelier des artistes en exil, j'ai poursuivi mon parcours d'interprète au sein de plusieurs compagnies, avant de réaliser une résidence pour Porosus et de créer mon deuxième spectacle, Ndila, en 2023, présenté sur plusieurs scènes en France. En 2024, j'ai animé des master classes dans des collèges, transmettant les danses traditionnelles et rituelles congolaises aux plus jeunes.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Mon regard sur ma profession a profondément évolué au fil des années, porté par les opportunités et les expériences qu'elle m'a offertes. Certes, le parcours n'est pas toujours simple — trouver des accompagnateurs de projet, des salles de spectacle ou des financements pour la création demeure un défi constant. Mais cette profession reste une formidable aventure humaine : elle me permet de m'exprimer, de partager, de recevoir, et surtout de faire de très belles rencontres.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Dans les cinq à dix années à venir, je me vois poursuivre ce combat de danseuse et continuer à mettre en scène des créations qui interpellent les consciences. Mon plus grand rêve est de fonder un centre dédié à la formation en danse, à la résidence de création, et doté d'une bibliothèque — un lieu où les nouvelles générations pourraient apprendre nos danses traditionnelles et contemporaines dans les meilleures conditions. En Afrique, et particulièrement dans mon pays d'origine, être danseuse ou artiste est encore trop souvent perçu comme une perte de temps. Ce lieu serait la preuve vivante que l'art est une profession à part entière. »

Interview réalisée en 2025
Photographies réalisées en 2025 par Isabelle Chapuis