Arthur RÉMI
Comédien

Arthur a reçu une bourse afin de l'aider à suivre ses études au Théâtre National de Bretagne

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai commencé le théâtre vers le lycée, à Bordeaux, et je n’ai cessé de pratiquer depuis. J’ai découvert cette discipline grâce à mon père, lui-même comédien. Dès mon plus jeune âge, en le voyant jouer, j’ai senti une forme de liberté qui l’accompagnait chaque soir, dans les théâtres dédiés en centre ville, une sorte d’insouciance, de jeu perpétuel qui se fondait en épousant les rebondissements de sa vie. Pendant le lycée j’ai souhaité mettre à l’épreuve mes compétences dans ce domaine, et j’ai tenté à 16 ans le concours du conservatoire de région. J’ai pu rentrer en cycle 1 car une personne s’était désistée la veille du premier jour. J’ai pratiqué pendant 4 années avant d’intégrer l’école du Théâtre National de Bretagne où je termine actuellement ma troisième et dernière année aux côté des 19 autres camarades de ma promotion.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
J’aime envisager le métier de comédien comme un métier d’artisans. Il demande du labeur, du temps, du travail précieux qui prend sa source dans l’émotion de l’instant présent, de la compréhension de l’extérieur, des autres, de l’ennuis. C’est un métier qui relie au corps, aux racines des larmes. Les acteurs, selon moi, sont des anthropologues. Des gardiens qui assurent le passage perpétuel entre la pulsion primitive et l’aujourd’hui, des historiens du souffle. Le théâtre en général est devenu une matière protéiforme dans laquelle j’aime rentrer avec mes humbles expériences du quotidien. J’aime la sensation physique de se glisser dans la pesanteur de la scène. C’est pour moi avant tout une affaire de plaisir, de chaleur faisant front à l’immobilité des morts.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
J’espère que dans 5 ans, je me souviendrai du moi d’aujourd’hui avec une lointaine saveur d’insouciance, que mes idées auront eu l’occasion d’exposer en vol et de retomber en poussière foulée par mon identité métamorphosée. J’espère être le même, et chercher toujours à me surprendre, créer des formes simples, par l’approche intime des processus artistiques avec lesquels j’aurai eu la chance de fraterniser entre temps. En tant qu’acteur, dans un premier temps, puis en me servant de l’écriture et de la mise en scène pour tenter de désaltérer ma soif qui s’accroissera d’ici les 10 prochaines années. J’espère pouvoir faire toujours plus de rencontres, de voyager et de voir se croiser et s’échanger sous mes yeux des disciplines, des pays et des visages inconnus. J’espère surtout rester fidèle à ma désobéissance.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret