Daouda NGANGA
Danseur et chorégraphe

 Daouda a obtenu une bourse à la création en partenariat avec l’atelier des artistes en exil.

Quel est votre parcours artistique ?
En 1989, rue de Berlioz à Brazzaville, la compagnie de ballet Fifi s’est installée devant chez moi. Je n’avais alors que 6 ans, j’étais très jeune mais j’étais très attiré par ce qu’ils faisaient. Leurs répétitions étaient payantes et je ne pouvais payer ce prix, je leur échangeais alors des cartons et papiers pour qu’ils réchauffent leurs tamtams par l’entrée. Plus tard, chez moi, en cachette, puisqu’il était mal vu de danser, j’essayais d’imiter leurs chorégraphies. Je dansais aussi avec des amis de l’école avec qui on fabriquait des percussions et faisait des battles. Après la guerre, nous avons déménagé à Pointe-Noire où j’ai commencé à travailler dans un garage. J’ai alors découvert le Ballet Monana, je leur ai demandé de danser avec eux et de m’apprendre la technique de la danse traditionnelle et contemporaine. À partir de cet instant, j’ai commencé à travailler avec des musiciens, d’autres compagnies de danse afro contemporaine et d’autres ballets, puis j’ai décidé de danser en solo. Zala (poubelle) est ma première création solo, qui m’a accompagné lors de mon passage au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Pendant tous ces voyages, je m’intéresse principalement à apprendre la technique des danses traditionnelles de tous ces endroits. Puis de tous ces voyages naît Symbiose, un duo qui fait le lien entre les traditions de l’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Est. En 2016, j’arrive en France, et je développe un autre projet solo Corps en transe, puis Contre-nature, une création qui malheureusement a été ralentie par la Covid.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
La danse, pour moi, c’est tout. J’ai l’impression que ce n’est pas moi qui a choisi ce travail, c’est une pratique que je porte en moi, dans mon sang et qui me constitue. C’est un acte mystique aussi pour moi de danser, ça me guérit et c’est ancré dans ma spiritualité.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Dans 5, 10, 40 ans ou même plus, je danserais mieux qu’aujourd’hui puisque c’est quelque chose qui s’apprend. Je ne m’arrêterai jamais de danser. D’un autre côté, un de mes rêves c’est d’ouvrir mon propre théâtre et centre de résidence à Pointe-Noire.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret