Manon XARDEL
Comédienne

Manon a reçu une bourse afin de l'aider à suivre ses études au Théâtre National de Strasbourg

Quel est votre parcours artistique ?
J’ai commencé la musique en chantant dans la chorale de l’église de mon quartier. A 8 ans, on m’a parlé de la Maîtrise de Radio France, une école à horaires aménagés où l’on fait de la musique tous les après-midis. J’ai intégré cette école jusqu’à mes 15 ans. Je suivais des cours de solfège, de piano, de guitare, de technique vocale, d’harmonie et de pratique chorale. En dehors de cette école, j’ai eu la chance de suivre des cours de danses classique et contemporaine pendant 12 ans. A 15 ans, je suis entrée dans la troupe de théâtre de mon lycée puis j’ai continué au Conservatoire à Rayonnement Régional de Boulogne-Billancourt. Après mon bac, j’ai passé un an à la prépa égalités des chances de la MC93, où j’ai notamment préparé le concours du TNS que j’ai intégré en septembre 2020.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
Je ne m’aventurerai pas à définir ma future profession au risque de la réduire, mais aujourd’hui, je vois le métier de comédienne comme une mission de partage. Le théâtre est un lieu de rassemblement, un endroit de “quête de sens à plusieurs”, un terrain de jeu purement humain. Mon rôle dans la pièce est peut-être celui du transmetteur, celui qui fait le lien. Je me positionne comme spectatrice des spectateurs et pas “seulement” actrice. Le théâtre pour moi naît d’une communion entre êtres humains, ce n’est ni moi, ni l’auteur.ice, ni aucun autre individu mais la force de notre pluralité qui fait Art.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
En 2021, l’espace dédié à la rêverie est assez restreint. Même quand on a 20 ans. Le contexte actuel met néanmoins en exergue la nécessité de cette rêverie et souligne mes souhaits pour l’avenir. Je me souhaite de pouvoir participer à un théâtre plus accessible et plus ouvert sur le monde. Je me souhaite de pouvoir porter la parole de ceux que j’aime et de ceux qui ne l’ont pas assez. Je me souhaite de distribuer de la vie au moins dans quelques cœurs. Je me souhaite des rencontres et des créations avec les gens de ma génération, génération qui a la vue bouchée pour l’instant sur les 5 et 10 prochaines années. Je me souhaite de ne jamais me soucier du résultat mais d’expérimenter. Plus que de l’ambition, je me souhaite la joie.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret