Nicolas FAUBERT
Danseur

Nicolas a reçu une bourse pour participer à la manifestation Camping organisée par le Centre national de la danse.             

Quel est votre parcours artistique ?
Je suis né en 1991 à Libreville au Gabon, handicapé visuel à plus de 80 %. Malgré ces difficultés, je suis mes premières années de scolarité normalement et mes proches m’initient à la danse et à la musique. A mon arrivée en France, en 2004, en banlieue parisienne, je suis ballotté entre différents logements précaires et collèges difficiles avant de m’établir avec ma famille à Elbeuf. La découverte de la Normandie, à partir de 2007, me permet de recréer des attaches.Je me lance alors corps et âme dans la danse, avec l’appui de mes amis. Des entrainements réguliers m’apprennent à canaliser mon énergie.Je passe de plus en plus de temps entre Rouen et Paris, où je suis initié au New Jack Swingue et au New School. J’explore le popping, m’ouvre au Hip-Hop, à la House, au Locking. Dans les salles de break, je détonne en dansant debout, mes yeux étant encore trop fragiles pour tenir les positions renversées au sol. Je me forme également à l’organisation événementielle : je co‑organise, cinq années de suite, les Battle Versus et les Battle Royal à Elbeuf et Rouen. Avec la Compagnie Incidences, je me produit au Zénith dans le cadre de France 3 fait son show.En 2011, je suis repéré pendant une audition pour la comédie musicale Robin des Bois. Les organisateurs me convainquent de m’inscrire à l’AID, l’Académie Internationale de Danse de Paris dirigée par Nicole Chirpaz. J’y reçoit une formation de deux années pendant laquelle j’étudie la danse, le chant et la comédie. J’intègre ensuite le Lax Studio, en tant que stagiaire administratif et l’association 93 Arts communique / Cie Elolonguè, comme intervenant. J’y rencontre Lydia Laouichi. En 2017, elle m’invite à rejoindre sa nouvelle association HIKMART (Help Improve Kids Mind by Art), au sein de laquelle je reste impliqué, aujourd’hui, en tant que coach de danse. En 2018, je suis choisi par la plasticienne vidéaste, Laure Prouvost, pour son projet reçu au Pavillon Français de la Biennale d’art contemporain de Venise 2019. Après avoir été un des acteurs principaux du court-métrage Deep See Blue Surrounding You, je performe dans l’enceinte du Pavillon pendant toute la durée de la Biennale. Je prépare actuellement un diplôme de passeur culturel auprès de l’Organisation Nationale du Hip-Hop (ON2H) au Centre de Formation Danse de Cergy. Je suis également professeur et coach de danse pour jeunes dans plusieurs structures associatives. Je continue à performer dans le cadre de l’installation de Laure Prouvost, aux Abattoirs de Toulouse notamment. Je suis actuellement résident de la Cité Internationale des Arts de Paris où j’y développe des projets et entame de nouvelles collaborations aux côtés d’artistes contemporains.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ? La culture fait partie de nous. L'employer à bon escient, fera des heureux. La danse est ma base, tenir des propos qui me font évoluer et travailler avec différentes personnalités me confortent dans mon idée d'apprentissage et me permettent de forger une idéologie qui se nome ‘‘[email protected]’’. J’aimerais encore davantage abattre les barrières entre les disciplines (danse, arts plastiques, chant, photographie, mode...) ainsi que les barrières sociales, afin de permettre un réel accès à la culture pour tous.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Au plus haut sommet que l'art n'ai jamais connu.

Interview réalisée en 2021
Photographie : Julia Grandperret