Medhat SOODY
Photographe

Porosus finance une résidence à l'atelier des artistes en exil pour Medhat

Quel est votre parcours artistique ?

J’ai fait du doublage, des voix pour doubler des films, comme acteur et j’ai été producteur artistique. J’ai également travaillé comme assistant à la lumière au théâtre et pour une chaîne de talk-show et j’ai aussi été assistant caméra. J’ai commencé la photographie en Égypte très jeune, je prenais beaucoup de photos et ça a été très important et très intéressant pour moi de couvrir la révolution égyptienne, mais ce n’était pas facile. J’utilisais alors de l’argentique, j’ai pris des photos de personnes très importantes, je n’ai pas ces photos avec moi, les clichés sont restés en Égypte.

  

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre profession ?
J’ai besoin de temps pour montrer aux autres ma vision. L’argentique avait un côté plus pacifique et plus professionnel, vous aviez 24 ou 36 vues, vous deviez jouer avec la lumière et vous deviez faire en sorte de les utiliser au mieux. Avec le numérique c’est plus facile et plus facile d’éditer vos photos. Cela semble facile et n’importe qui peut prétendre faire de la photo, mais en même temps ce n’est pas simple, vous devez  avoir beaucoup de connaissances, développer sa vision. Il faut choisir le bon cadre, le bon angle de vue, travailler avec la lumière et les ombres. Je travaille dans deux directions : d’un côté je capture les corps sur scène en lien avec des spectacles de danse et de théâtre, mon autre terrain de prédilection est la rue.

 

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ?
Je ne sais pas comment je me vois dans 5 ans, peut-être serai-je quelqu’un de très connu et d'injoignable ou bien je squatterai à l’Atelier des Artistes en Exil, comme un réfugié.

 

Photographie : Antonin Amy-Menichetti